La conception des soins qui a la faveur des professionnels des soins a pour objectif le traitement curatif ou préventif des maladies

Cette conception récente, née au milieu du 20° siècle, a conduit au développement d’un modèle de soins qui rapidement s’est imposé dans tout le monde occidental. Ce modèle biomédical repose sur les progrès des connaissances dans le domaine biologique et sur la multiplication des techniques d’exploration et de traitement.



Le modèle biomédical est éminemment réductionniste, car il exclut du champ de la médecine les déterminants psychologiques, sociologiques, économiques et culturels de la santé, mais il s’est néanmoins imposé en raison de ses succès thérapeutiques initiaux [1]

Il perdure malgré ses échecs et ses coûts humains et financiers, dont la réalité n’est plus discutée depuis vingt ans, pour deux raisons : il donne aux professionnels et plus particulièrement aux universitaires, aux hospitaliers et aux spécialistes, la possibilité d’exercer leur métier sans se poser de questions sur l’efficacité de leurs décisions, sur leur utilité pour les malades et sur leur coût pour la collectivité ; il offre aux industriels du médicament et aux fabricants de matériel médical, un marché, en voie de devenir mondial, qui leur permet de développer leur production et leurs gains.

Ce modèle est totalitaire et impérialiste puisqu’en excluant du champ de la médecine les facteurs qui, en réalité, sont les principaux déterminants de la santé d’une population, et en rapportant toutes les atteintes à la santé à des causes biologiques qui n’en constituent qu’une faible part, il se donne la légitimité d’accaparer pour son développement, des ressources considérables qui seraient beaucoup plus utiles à la santé de la population si elles étaient utilisées ailleurs que dans le système de soins médicaux.



Dans ce modèle l’humain est accessoire et subordonné au scientifique et au développement économique.



La prégnance psychologique de ce modèle auquel se rallie la presque totalité des médecins, et des usagers, est une source inépuisable d’incompréhension, d’erreurs, de gaspillages mais aussi de souffrance car il conduit à :

  • Une médicalisation de la vie quotidienne qui est une réponse inadaptée aux malaises dont souffrent entre 30 et 50% des patients qui pénètrent dans un cabinet médical
  • L’invention de maladies nouvelles ;
  • Une recherche permanente des risques de maladie chez des sujets le plus souvent en excellente santé ;
  • L’obligation morale et psychologique faite aux malades de participer, sous peine d’être atteint d’une maladie grave peut être mortelle, aux campagnes de dépistage organisées par les professionnels et les organismes de santé publique ou d’assurance

La médicalisation de la vie quotidienne ou comment fabriquer des malades [2]

Les plaintes de nombreux sujets qui se disent malades ne correspondent pas à des maladies et ne sont pas liées à des causes médicales, mais sont la conséquence des situations indésirable ou conflictuelles, que des personnes vivent quotidiennement et ressentent douloureusement. A ces plaintes qui requièrent : une écoute, un dialogue, une information, un haut niveau de communication, et qui exigent une quadruple disponibilité : temporelle, affective, intellectuelle et morale, les médecins répondent souvent par un comportement analogique, qui assimile ces plaintes existentielles aux symptômes des maladies.
Dés lors appliquant, à la lettre, le seul modèle, biomédical, qui leur fut enseigné et dont ils disposent pour agir, ils évoquent divers diagnostics puis pour les vérifier ou les éliminer prescrivent une multitude d’examens et de médicaments dont la plupart sont inutiles, coûteux, parfois dangereux et n’apportent le plus souvent aucune aide à ceux qui souffrent. Ainsi s’explique la prescription de psychotropes à des personnes âgées dont les plaintes sont liées souvent à l’absence d’un lien humain. et à nombre de nos contemporains qui en raison de conditions de vie familiale, professionnelle économique difficiles vivent douloureusement les deuils quotidiens de leur existence.



Cette réponse biologique et pseudo scientifique à des problèmes humains correspond, en partie, à la demande des patients qui attendent des médecins, notamment des spécialistes qui disposent de moyens techniques considérés comme très performants, une réponse scientifique à leurs malaises.

Au total, malgré une croissance ininterrompue depuis un siècle de leur nombre (en 1900 : 17000 médecins, un pour 2000 habitants, en 1985 : 135860, un pour 1425 habitants, en 2008 : 206.000, un pour 326 habitants) les médecins ont de plus en plus de travail et certains même évoquent une pénurie médicale. Sans doute est-il possible pour expliquer cette réalité d’évoquer l’existence incontestable, d’une demande de soins induite par l’offre des professionnels. (favorisée par un paiement à l’acte) Mais, l’emballement de la demande des usagers est une donnée sociale fondamentale dont il y a tout lieu de penser qu’elle ira en s’accroissant en raison de la foi des citoyens en la toute puissance de la médecine soigneusement entretenue par les professionnels et les industriels et efficacement relayée par l’ensemble des médias.



L’invention d’une maladie [3]

Pour attribuer, à tous ceux qui consultent, une maladie il est devenu depuis quelques décennies indispensable d’ en inventer. Les chirurgiens français dans ce domaine ne manquèrent pas d’imagination des centaines de milliers , le plus souvent des enfants , furent opérés d’une maladie imaginaire l’appendicite chronique (plus de 200 000 appendicectomies étaient dans les années 70 réalisées en France dont les trois quarts concernaient des appendicites chroniques ) La moitie des 70000 cholécystectomies concernaient des cholécystites chroniques, autre maladie imaginaire, ou des lithiases biliaires asymptomatiques qui ne pouvaient expliquer les malaises ressentis par les malades.

Plus récemment une maladie spécifiquement française, la spasmophilie, fut dans les années 80 l’occasion pour les industriels de créer le marché des sels de magnésium, des électromyogrammes et de développer celui des tranquillisants.

Le rêve de quelques industriels vendre des médicaments aux bien portants est aujourd’hui en partie réalisé. Ils ont réussi à convaincre les médecins et les citoyens que les malaises dont ils se plaignaient depuis des siècles étaient des maladies (le colon irritable, l’anxièté sociale, la dysfonction sexuelle féminine, la dysphorie prémenstruelle) qui constituaient une indication à la prescription de nouveaux médicaments. [4]

Aux USA et en Nouvelle Zélande la publicité directe au moyen de la télévision facilite la vente de ces nouveaux médicaments et conforte les sujets baptisés malades par leur médecin, de la réalité de leur maladie.

Il est aussi facile d’étendre le champ d’une maladie Par exemple: la dépression est une maladie bien individualisée et souvent grave qui justifie un traitement par les antidépresseurs. Mais ces dernières années le champ de la maladie a été étendue sous l’influence des industriels et d’universitaires travaillant pour les laboratoires pharmaceutiques. Le diagnostic de dépression est aujourd’hui affirmé après avoir posé quelque questions banales à des sujets consultant pour des malaises sans gravité . Chez ces personnes comme plusieurs études récentes l’ont démontré , les antidépresseurs ont une efficacité comparable à celle des placebos.

Le dépistage des maladies

Peut on échapper aujourd’hui aux professionnels des soins qui, conseillés par des universitaires, des hospitaliers et les responsables de la santé publique, proposent à tous les citoyens qu’ils rencontrent, la recherche tout au long de leur vie des facteurs de risque de cancer, d’affection cardiovasculaire ou de troubles métaboliques puisque ce sont les principales causes de maladie et de mortalité ?

Difficilement, d’autant que tous les médias insistent sur la nécessité pour prolonger la vie et rester en bonne santé de mettre en œuvre une prévention médicale.
Comment en raison de la peur et de l’angoisse que ces campagnes de prévention entretiennent avoir le courage d’exprimer un refus qui serait pourtant une sage précaution pour conserver l’illusion d’être en bonne santé. En effet chez une grande partie de la population après 40 ans les examens biologiques ou radiologiques révèleront chez des sujets parfaitement asymptomatiques des ‘anomalies’ dont la fréquence augmente d’année en année en raison : soit de l’abaissement des chiffres qui définissent la normalité (par exemple des concepts comme la préhyper tension ou le pré diabète ont été crées pour démontrer que les chiffres autrefois considérés comme normaux étaient en réalité élevés et justifiaient des mesures de prévention) ; soit de la sensibilité croissante des examens radiologiques qui conduit à une multiplication des faux positifs et donc à un excès de diagnostics qui seront à l’origine de prescriptions médicales ou chirurgicales inutiles coûteuses et parfois dangereuses.

Le pourcentage de ceux qui bénéficieront réellement de ces dépistages est probablement faible. Voici quelques exemples:

Une hypercholestérolémie découverte chez un sujet sans aucun antécédent cardiovasculaire conduira à la prescription d’une statine dont l’efficacité en prévention primaire est loin d’être prouvée chez l’homme et dont l’inefficacité est prouvée chez la femme. Si l’on en croît l’académie de pédiatrie des USA c’est dès l’âge de deux ans qu’il convient de doser le cholestérol et dès 8 ans qu’il faut commencer à prescrire des statines. !!![5]

Toutes les femme sont invitées , éventuellement par des campagnes publicitaires, à demander gratuitement une mammographie qui leur évitera la mort par un cancer du sein. Mais les promoteurs de ces campagnes oublient toujours de préciser qu’une femme sur 2000 parmi celles invitées à la réalisation de cet examen en bénéficiera après 10 ans alors que plusieurs dizaines en subiront les risques y compris pour 10 d'entre elles celui d’une mammectomie inutile.[6]

Les personnes âgées qui reçoivent chaque année un bon gratuit pour une vaccination antigrippale sont elles averties des doutes scientifiques sur l’efficacité de cette prévention ?[7]

Pourquoi réaliser à partir de 40 ans comme le recommandent les urologues un dépistage du cancer de la prostate sans préciser que si les bénéfices de ce dépistage sont possibles mais indéterminés et non démontrés, les risques des traitements eux sont bien réels et fréquents.(Impuissance et incontinence urinaire en cas de chirurgie. Lésions radiques graves de la vessie et du colon en cas de radiothérapie)

Pourquoi vouloir chez les fumeurs dépister un cancer du poumon alors que les risques d’excès diagnostiques sont considérables et que les bénéfices d’une intervention chirurgicale ne sont pas prouvés.

Pourquoi vouloir dépister la maladie d ‘Alzheimer alors qu’aucun traitement n’ a démontré une efficacité sur la prévention des troubles et que ce dépistage peut conduire à des erreurs de diagnostic dont on imagine les conséquences psychologiques et sociales.

Pourquoi vouloir chez toutes les femmes réaliser une prévention de l'ostéoporose en recherchant par une ostéodensitométrie une ostéopénie (autre maladie inventée pour faire vendre des médiaments) alors que le bénéfice potentiel d'un traitement est limité mais les risques et les contraintes élevés. [8]

La santé perçue est plus importante que la santé objective car nous pouvons être en bonne santé perçue, c’est à dire capable de gérer les vicissitudes de l’existence sans trop en souffrir et en mauvaise santé objective.

Si pour suivre les conseils quotidiennement fournis par les médias, nos proches et les professionnels nous entrons, sans vraie raison médicale, mais en bonne santé perçue, dans le système de soins , nous courrons le risque d’en sortir inquiets , angoissés et en mauvaise santé perçue. Car ce système, qui pour fonctionner et se développer a besoin de malades, n’aura aucune difficulté à découvrir chez chacun d’entre nous des atteintes objectives à la santé qu’elle soient biologiques, anatomiques ou fonctionnelles.

Au total

Cette conception biologique de la médecine est encore aujourd’hui en développement en raison de l’appui fourni par : les structures universitaire, les industriels, les gouvernements soucieux de satisfaire la majorité des professionnels et par de nombreux citoyens devenus des consommateurs de soins. Elle est cependant par les spécialistes des sciences humaines et aussi par les praticiens généralistes qui lui reprochent la perte du sens existentiel sans lequel l’exercice de la médecine perd sa dimension humaine.



Quant aux malades, déçus d ‘une médecine toute entière tournée vers la biologie, ils sont de plus en plus nombreux à adhérer aux médecines parallèles, sans efficacité scientifique, mais qui apportent à une forte proportion de patients ne souffrant pas d’une maladie mais des vicissitudes de l ‘existence, comme aux malades atteints d’une pathologie chronique ou grave , réconfort et espoir.

Prendre soin des malades : une autre conception de l’exercice de la médecine.

Cette conception repose sur le respect de l’autonomie des malades et sur la volonté des médecins de soigner des personnes et non de traiter des maladies. Respecter l’autonomie des malades implique : de leur apporter une information aussi claire et complète que possible, de leur proposer des attitudes diagnostiques et thérapeutiques conformes aux données de la science et de mettre en œuvre les décisions qu’ils auront prises
Accroître l’autonomie d’un homme, c’est l’aider à devenir auteur de sa vie.

Cette conception de la médecine implique que les soins ne concernent pas un sujet atteint d’une maladie mais une personne dont le passé et la vie actuelle sont les éléments déterminants de sa souffrance de sa maladie et des choix thérapeutiques qu’elle exprimera.

Cette conception est justifiée par trois principales raisons :

  • Les déterminants de la maladie ne sont pas seulement biologiques , mais doivent être recherchés dans l ‘environnement du malade dans sa vie professionnelle, familiale, dans son style de vie.
  • Les conséquences de la maladie sur la vie quotidienne sont en grande partie fonction des conditions sociales, économique et familiales des malades.
  • Le malade doit pouvoir partager avec le médecin qui le soigne ses craintes, ses espoirs, ses difficultés afin que les solutions proposées soient adaptées à ses besoins , à sa vie familiale sociale et professionnelle.

Promouvoir la santé de la population

Parmi les professionnels des soins, certains se préoccupent des modes de vie des sujets qui sont atteints d’une maladie auxquels ils donnent des conseils destinés à réduire l’importance de certains facteurs de risque.

Cette attitude louable dont l’efficacité est modérée concerne des sujets dont la santé est déjà menacée en raison de déséquilibres alimentaires, d’un tabagisme, d‘une consommation excessive d’alcool, d’une inactivité physique.

Cette fonction conseil individuel exige une très grande disponibilité temporelle et un engagement intellectuel. Ces deux conditions sont difficiles à remplir en raison des conditions de travail des médecins généralistes.

Si le système de soins était conçu pour répondre aux besoins de formation et d’éducation des malades. Si notamment existait un système de soins primaires il serait facile d’organiser dans les centres de soins animés par des médecins généralistes travaillant en étroite collaboration avec des infirmière des assistantes sociales, du personnel administratif, des groupes de parole où les patients atteins d’une maladie chronique auraient la possibilité de s’exprimer et de s’informer sur leur maladie et les traitements prescrits. Mais les malades attendront sans doute encore longtemps la mise à leur disposition d’un tel service d’éducation thérapeutique.

La santé de la population dépend beaucoup moins des médecins que de la puissance publique

Les médecins ont pour mission : de traiter les maladies aussi bien qu’ils le peuvent en suivant, malgré leurs imperfections, les recommandations scientifiques ; de prendre soin des malades en les aidant à vivre avec leur maladie, en les rassurant, en prenant en compte les conséquences de leurs pathologies sur leur vie quotidienne. Ils ont aussi pour fonction de les informer de leur apprendre à se soigner et enfin de donner un sens à leur maladie.

A ceux qui ne sont pas atteints d’une maladie mais qui souffrent de malaises, les aider à en comprendre l’origine, apaisera leur angoisse et les aidera à vivre sans cependant le plus souvent faire disparaître un mal être existentiel qui peut justifier une psychothérapie.

Les médecins soignent des individus, la santé des populations n’est pas leur domaine.

Comment en serait il autrement dans la mesure où la santé dépend en définitive très peu de la médecine, mais des comportements, de l’environnement physique et culturel et des facteurs héréditaires



Ainsi que peuvent les médecins pour corriger deux des principales caractéristiques regrettables de la santé des français ; l’importance des morts prématurées et les inégalités de santé ?

A l’origine des inégalités des causes de mortalité et de maladies, sont principalement les inégalités sociales que les médecins constatent dont ils tentent de corriger les conséquences mais qu’ils ne peuvent réduire.

Prenons l’exemple de la nécessité d’une activité physique incluant des exercices d’endurance, de musculation et d’équilibration . Est ce possible pour l’ensemble de la population ?
Tous les enfants peuvent ils aller à l’école à pied ou en bicyclette sans risquer un accident ? Non parce que les parcours qui conduisent à l’école ne sont pas tous sécurisés.



Tous les adultes peuvent ils accomplir les exercices physiques que les médecins ou les programmes d’éducation sanitaire conseillent ?

Non parce que leurs moyens financiers ne leur permettent pas , parce que les salles de gymnastique manquent , parce qu’ils ne disposent pas du temps nécessaire.

Tous les français peuvent ils s’alimenter sainement ? La réponse est encore non parce que leurs moyens financiers sont insuffisants, parce que les aliments qui leur sont offerts ne sont pas sains ( Exemple les biscuits et les viennoiseries qui sont toujours en France riches en acides gras trans. Les plats cuisinés, de nombreuses eaux minérales et le pain sont trop riches en sel etc)

L’une des causes principales de surmortalité est la sur consommation d’alcool qui touche préférentiellement ceux dont les études furent les plus courtes et ceux dont les conditions socio économiques sont les plus défavorables.



Si l’on essaie d’analyser toutes les causes d’inégalités de santé on constate qu’elles s’accroissent en France parallèlement à l’augmentation des inégalités sociales sur lesquelles évidemment les professionnels des soins n’ont aucune influence C’est donc à l’état de mettre en oeuvre une politique interministérielle qui en réduisant les inégalités sociales, en améliorant les conditions de travail, et en réduisant les risques de l’environnement améliorera la santé de la population.



Conclusion

Le modèle dominant d’exercice de la médecine repose sur la biologie mais ignore les sciences sociales et humaines. Conçu pour traiter les maladies, il s’avère incapable de soigner les malades. Certains [9] [10] pensent que sa fin est proche mais la réalité prouve le contraire. [11]



Les responsables de cette faillite humaine ne sont pas principalement les soignants, notamment les médecins généralistes dont les conditions de travail permettent difficilement l’exercice d’une médecine centrée sur le malade.

Les principaux responsables sont : les universitaires dont la plupart ignorent l’existence d’un modèle prenant en compte les besoins des malades ; les responsables politiques qui ne veulent s’opposer ni aux responsables des institutions médicales défenseurs d’un système de soins archaïque ni aux industriels et semblent ignorer que la santé d’une population ne dépend pas principalement de la médecine mais d’une lutte permanente contre les inégalités sociales parmi lesquelles on compte l’accès à des soins de qualité.

Notes

[1] Les médecins, notamment les universitaires, (car leurs fonctions les coupent souvent des réalités médicales de la vie quotidienne et ils sont habituellement, davantage préoccupés par les problèmes physiopathologiques que par les souffrance des malades liées aux contraintes sociales, économiques ou professionnelles) connaissent mal les études qui ont démontré la part majeure des facteurs non médicaux dans le niveau de santé d’une population. A l’exception des enseignants en santé publique, peu ont lu les livres de V R Fuchs « Who shall live Health,Economics,and Social Choice » 1974, The Future of Health Policy 1993, de T Mc Keown « The Role of Medicine » 1979. On se souvient de l’accueil glacial et méprisant que les institutions médicales réservèrent à I Illich lorsqu’il vint en France présenter son livre « Médical Nemesis » (1975 ).Depuis de nombreux travaux épidémiologiques ont confirmé les analyses de ces auteurs : La santé d’une population dépend davantage de ses conditions de vie, de ses comportements culturels, et comme l’écrit J M Mann (British Médical Journal 1996 13 April p 924, « Health and human rights ») du respect des droits de l’homme, que des moyens attribués aux professionnels pour soigner les malades.

[2] Sournia J C. Ces malades qu'on fabrique Le Seuil éditeur Paris 1977

[3] Jorg Blech Les inventeurs de maladies. Manoeuvres et manipulations de l'industrie pharmaceutique Actes Sud Arles 2005

[4] Applbaum K. Pharmaceutical marketing and the invention of the medical consumer PLos 2006 ; 3 : 445-447

[5] Daniels S R. Lipid sreening and cardiovascular health in childhood Pediatrics 2008 ; 122: 198-208

[6] Prescrire. Dépistage mammographique des cancers du sein Revue Prescrire. 2007;27:758-762

[7] Belongia E A. Influenza vaccine for community-acquired pneumoniaLancet 2008 ; 372 :352-354.

[8] Alonso-Coello and al. Drugs for preosteoporosis : prevention or disese mongering BMJ 2008; 336: 126-129

[9] Smith R The end of disease and the beginning of heath http:// blogs.bmj.com/bmj/2008/07/08/richard-smith- the- end-of-disease- and- the- beginning-of- health.

[10] Tinetti M E. and al.The end of the disease era Am J Med. 2004;116: 179-185

[11] Foster DW.The demise of disease? I don’t think so. Am j Med. 2004; 116 : 186-187.