Les responsables de l’institut national du cancer ont affirmé dans un document « Alcool et risque de cancer » en décembre 2007 www.e-cancer.fr et plus récemment (17 février 2009), en collaboration avec la direction générale de la santé, que la consommation minime, quelques grammes chaque jour, d’une boisson alcoolisée augmentait le risque de survenue d’un cancer, notamment d’un cancer du sein chez les femmes. Ces spécialistes en conclusion recommandaient à toute la population de cesser la consommation d’alcool. Ces affirmations reposaient sur les informations fournies par le Fonds Mondial de Recherche contre le Cancer dont les conclusions étaient plus nuancées (en cas de consommation d’alcool se limiter à une boisson par jour pour les femmes et à deux pour les hommes) Cet interdit des cancérologues rejoignait celui des responsables de la santé publique qui, pour la plupart, recommandent l’abstinence des boissons alcoolisées. Quelques jours plus tard le 24 février était publiée une étude portant sur plus d’un million d’anglaises qui confirmait ce risque. [1] Ces propos ont suscité quelques polémiques dans la presse, la colère des viticulteurs du sud de la France et l’interruption de la séance du Conseil Régional du Languedoc Roussillon afin que chaque élu puisse boire un verre de vin à la santé des « responsables de la prohibition. » Le Midi Libre 24 février2009.

Les querelles médiatiques pour un temps apaisées, quelle analyse critique peut on faire aujourd’hui des travaux épidémiologiques qui au nom de la science et pour préserver notre santé voudraient remettre en question des habitudes alimentaires, un mode de vie immémorial et une culture gastronomique qui, si les souhaits du président de la République sont exaucés, pourrait être inscrite au patrimoine de l‘humanité ?

Cet article proposera des réponses à six questions :

1° La consommation modérée d’alcool peut elle favoriser le développement d'un cancer ?

2° Quelle est l’influence de la consommation d’alcool sur la mortalité ?

3° Toutes les boissons alcoolisées ont elles des effets comparables sur la santé ?

4° Quels sont les autres effets de l'alcool sur la santé ?

5° L’analyse des effets de l'alcool sur l'organisme, sans prendre en compte les modes de vie les habitudes alimentaires les facteurs socio économiques et culturels des consommateurs, permet elle des conclusions sur les risques pour la santé d’une consommation modérée d’alcool ?

6° Les médecins doivent ils interdire la consommation modérée d’alcool pour suivre les recommandations des épidémiologistes et des cancérologues

1° La consommation modérée peut elle favoriser le développement d'un cancer ?

Les spécialistes, cancérologues et biostatisticiens, à partir des informations fournies par la comparaison du devenir d’individus les uns abstinents les autres consommant des quantités plus ou moins importantes d’alcool, répondent presque à l’unisson : OUI, l’alcool est cancérigène, mais peut être pas toutes les boissons alcooliques.

L’effet de l’alcool sur les cancers varie avec leur localisation.

  • En raison de sa fréquence (44232 cas chez les femmes de plus de 45 ans en 2005 en France) le cancer du sein a suscité de très nombreuses études.

Le rôle de l’alcool, soupconné depuis des années fut affirmé dans une méta analyse de 53 études en 2002. [2] Le risque relatif de cancer du sein était augmenté de 50% pour une dose d’alcool de 50 g par jour.

L’étude anglaise, précédemment citée [3] portait sur 1.280.926 femmes qui furent suivies durant 7.2 ans. Une augmentation de 13% du risque relatif pour une consommation modérée comprise entre 7 et 14 verres par semaine fut observée. Sachant que l’incidence annuelle du cancer du sein (le nombre de nouveaux cas) dans cette étude était de 308 sur 100000 femmes, la croissance du risque concernait donc, par an, 40 femmes sur 100000. Dans une publication antérieure, [4] concernant les populations de 10 pays européens dont la France et portant sur 274.688 femmes suives durant 6.4 ans l’incidence annuelle (cancers invasifs et non invasifs) était de 299/100000 et la croissance du risque relatif était de 10 % pour les femmes qui consommaient de 10 à 19 g par jour soit un risque accru pour 30 femmes sur 100.000. Si l’on en croit une autre étude, [5] l’augmentation du risque lié à l’alcool concernerait principalement les tumeurs possédant des récepteurs aux oestrogènes et à la progestérone. Au total une augmentation du risque de cancer du sein chez les femmes qui consomment modérément de l’alcool semble réelle mais la place de l’alcool par rapport à d’autres risques est modeste. Par exemple: les femmes qui ont un taux sanguin élevé d’acides gras trans- mono insaturés en raison d’une forte consommation de certains aliments industriels (viennoiseries, pizzas, pâtisseries) ont, comparativement aux femmes dont le taux sanguin est faible, un risque plus élevé de 76% d’être atteinte d’un cancer du sein. [6]



D’autres facteurs de risque, liés aux modes et aux choix de vie, plus rarement signalés, pourraient avoir une valeur égale ou supérieure. Par exemple : les traitements hormonaux substitutifs lors de la ménopause accroissent après 5 années de traitement le risque de 20%; [7] l’excès de poids accroîtrait le risque de 20% ; une grossesse tardive de 20 à 80% ; chaque année d’allaitement réduit la risque de 5% ; l’activité physique après la ménopause réduit le risque de cancer de 20%. [8]

  • L’augmentation du risque lié à l’alcool porte également sur les cancers des voies aéro digestives supérieures et du foie.

Le risque des cancers des voies aérodigestives supérieures serait multiplié par 3 pour une consommation de 50 g par jour. [9] Cependant l’étude anglaise précédemment citée met en doute ce risque chez les femmes qui consomment modérément de l’alcool mais qui ne fument pas.[10]

  • Une alcoolisation modérée diminuerait l’incidence des cancers de la thyroïde, du rein et des lymphomes.

  • Parfois les effets de l’alcool peuvent être dissemblables chez les hommes et les femmes

Ainsi la consommation d’alcool favoriserait le développement d’un cancer rectocolique chez l’homme mais non chez la femme [11]

  • L’alcoolisation peut avoir au niveau d’un organe des effets divergents par exemple une faible consommation réduit chez la femme l’incidence des cancers de l’oesophage liés à des adénocarcinomes mais accroît la fréquence des tumeurs epidermoîdes. [12]
  • Enfin les effets de l’alcool sur les cancers du pancréas, du poumon, du corps utérin de la prostate de l’ovaire, de l’estomac sont controversés. [13]

Conclusion.

L’alcoolisation serait, en France, associée à une incidence accrue des cancers chez la femme de 4.5% et chez l’homme de 10.8 %. [14] Soit dans une population âgée de plus de 25 ans une incidence annuelle de 26 cas par an pour 100000 femmes et de 95 cas pour 100000 hommes.

Une autre étude attribue à l’alcool, chez les hommes 5,2 % et chez les femmes 1.7%, des cancers dans le monde . L’alcool serait responsable de 3.5% de la mortalité mondiale liée aux cancers. [15] En Europe occidentale l’alcool serait à l’origine de 6.5% des cancers chez les hommes et de 3.8% chez les femmes. Avec ces données l’incidence annuelle des cancers liés à l’alcool serait de 21 cas pour 100000 femmes de plus de 25 ans et de 57 cas chez les hommes.

Pour évaluer l’importance en santé publique de ce constat. Rappelons quatre faits :

1° L’incidence des cancers dans la population féminine en France était en 2005 de 136000. Le taux d’incidence pour 100000 femmes, de plus de 25 ans, était de 587. Dans la population masculine l’incidence des cancers était de 184000. Le taux d’incidence chez les hommes âgés de plus de 25 ans était de 880 /100000. [16] Ces chiffres permettent d’évaluer à sa juste valeur la croissance du risque de cancer sous l’effet d’une consommation modérée d’alcool

2° Constater une discrète augmentation de l’incidence de certains cancers dans une population consommant modérément de l’alcool ne signifie pas qu’il existe une relation de cause à effet entre cette consommation et la survenue d’un cancer. Toutes les études qui retrouvent cette association sont des études d’épidémiologie observationnelle et non des études d’épidémiologie expérimentale ou d’intervention qui sont, dans ce cas, impossibles à réaliser. Ces études supposeraient en effet un tirage au sort dans une population homogène sur un ensemble de facteurs médicaux, biologiques, sociaux, économiques et d’environnement, afin de constituer deux groupes l’un consommant de l’alcool et l’autre non. Le suivi de ces deux groupes durant des années permettrait sans doute d’établir l’existence ou non d’une relation causale entre l’alcoolisation et l’état de santé. En l’absence de ces études expérimentales il est possible de soupconner fortement mais non d'affirmer une relation de cause à effet entre la consommation modérée d’alcool et une augmentation de l’incidence des cancers. Faute de ces études les biologistes ont cherché à établir une relation causale entre l’alcoolisation et le risque de cancer par des expérimentations animales qui sont souvent en faveur de cette hypothèse. Néanmoins extrapoler les résultats observés chez les rats à l’homme comporte toujours une part d’incertitude

3° Si, comme probable,l’alcool est cancérigène, ce risque peut différer d’une boisson alcoolique à une autre en raison de la composition différente des substances associées à l’alcool.

Une même quantité d’alcool consommée sous forme de vin ou de bière ou de spiritueux peut avoir des effets cancérigènes différents. Certaines études tendent à montre que le vin en raison sans doute des polyphénols et du resveratrol qui entrent dans sa composition ne serait pas à doses modérées cancérigène. (ces effets différents de l’alcool en fonction de la composition des boissons alcooliques seront précisées en réponse à la question 4)

4° Les modes de consommation des boissons alcooliques, par exemple au cours des repas ou non, de manière modérée et quotidienne ou excessive et intermittente, ont très probablement des effets cancérigènes différents.

2° La consommation modérée d'alcool réduit-elle la mortalité de la population ? Indiscutablement : OUI. La sobriété est pour les adultes une assurance vie

La première étude qui affirma l’effet favorable d’une consommation modérée d’alcool date de 1926. [17] Publiée en période de prohibition cette étude fut oubliée jusqu’en 1974, année où fut publiée le travail de A L Klatsky. [18] En 1979,les résultats d’ une étude signée par des épidémiologistes renommés, parmi lesquels l’un des pères fondateurs de l’épidémiologie moderne, Archibald Leman Cochrane, confirmait une réduction de la mortalité cardio vasculaire chez les consommateurs d’alcool et notamment de vin. [19] Cette réduction de la mortalité cardio vasculaire, par conséquent connue depuis 35 ans a été réaffirmée par de nombreuses études. En 1996 plus de 60 publications déjà, confirmaient les résultats initiaux. [20]

La consommation modérée d’une boisson alcoolisée induit une réduction de la mortalité globale.

Cette réduction est liée principalement à une diminution de la mortalité cardio vasculaire portant sur la pathologie coronarienne (infarctus du myocarde et probablement mort subite d’origine coronarienne). La diminution de la mortalité d’origine coronarienne va selon les études de 20 à 40%, celle des accidents vasculaires cérébraux ischémiques (liés à une thrombose vasculaire) qui constituent les trois quarts de ces accidents va, selon les études, de 20 à 60%, elle serait surtout importante chez les femmes. [21]

Ces effets sur la mortalité cardio vasculaire d’une consommation modérée d’alcool sont amplifiés, au Japon, chez les consommateurs dont la vie sociale est enrichie par la multiplicité des contacts amicaux familiaux et professionnels et qui consomment de l’alcool de manière conviviale. [22]

La réduction du risque cardiaque est plus marquée chez les patients qui ont déjà souffert d’une atteinte coronarienne. Chez ces malades, la consommation d’alcool pourrait être aussi efficace que la prise d’hypolipémiants à forte dose, qui n’ont pas démontré leur efficacité sur la mortalité mais sur la fréquence des accidents coronariens. [23]

Plusieurs études ont également conclu à une diminution non seulement de la mortalité cardio vasculaire mais également de la mortalité globale chez les hommes et les femmes qui consomment modérément de l’alcool. Autrement dit en terme de mortalité la consommation modérée d’alcool a une balance risques/ bénéfice favorable, notamment chez les femmes.

La réduction du taux de mortalité globale serait proche de 20%.[24] [25] [26]

La plupart des études qui étudient les effets de l’alcool sur la mortalité globale d’une population sont en faveur d’un effet favorable pour une consommation dite modérée ne dépassant pas 15 verres par semaine, soit en moyenne deux verres par jour, donc environ 20 grammes d’alcool. Cet effet s’atténue puis disparaît chez les sujets dont la consommation d’alcool est plus élevée.

En effet, lorsque étudie la mortalité chez les sujets abstinents et chez les consommateurs d’alcool, on constate une courbe en U qui est caractérisée par une mortalité plus élevée chez les sujets abstinents que chez les sujets dont la consommation est modérée, puis par une remontée de la mortalité chez les sujets qui consomment plus de 30 grammes par jour d’alcool. Les données épidémiologiques concernant la quantité d’alcool consommée chaque jour sont donc en faveur d’une « fenètre » allant de quelques grammes à 20 g par jour (et parfois plus mais ne dépassant pas 30 g) permettant une prolongation de l’espérance de vie qui pourrait atteindre plusieurs années.

La publication récente par l’Institut National du Cancer d’un document largement repris dans la presse recommandant pour diminuer la fréquence des cancers de ne pas consommer un gramme d’alcool n’est ni surprenant ni réellement contradictoire avec les travaux qui montrent que la consommation modérée d’alcool réduit la mortalité pour trois raisons.

  • 1° En premier lieu l’Institut National du Cancer s’appuie sur des études qui n'analysent pas la mortalité mais le risque d’apparition d’un cancer dans une population.

Autrement dit, l’incidence, c'est-à-dire le nombre de cancers qui apparaissent dans la population durant une période déterminée. Mais tous les sujets atteints d’un cancer ne meurent pas de ce cancer. La survie 5 ans après le diagnostic peut atteindre plus de 70% des malades dans certaines localisations , parfois même plus de 80% dans le cancer du sein opéré à un stade initial et serait en moyenne de 50% pour l’ensemble des cancers. Fort heureusement, une différence existe entre les taux d’incidence et la mortalité. Deux explications sont proposées.

La première est thérapeutique Sous l’influence du traitement soit les malades guérissent ; soit les traitements accroissent durablement la vie. Or les études épidémiologiques portent habituellement sur l’observation d’une population durant quelques années (5 à 7 ans en moyenne) alors que de nombreux malades atteints de cancer survivent plus longtemps (En France en 2005, 319380 cas de nouveaux cancers étaient observés et la mortalité atteignait 136303 personnes, soit une mortalité de 43% pour l’ensemble des malades atteints, certains depuis plusieurs années, d’un cancer)



La seconde est comportementale. La diminution chez les consommateurs modérés d’alcool de la mortalité par cancer, constatée dans certaines statistiques, peut être liée à trois raisons: 1° soit à une diminution de l’incidence des cancers (ce point sera discuté lors de la réponse à la question 3) 2° soit à une modification du rapport incidence/mortalité qui constitue la létalité d’une maladie. La réduction de la mortalité sans réduction de l’incidence pourrait être la conséquence d’un comportement alimentaire et d’un mode vie comportant une activité physique régulière chez les consommateurs modérés.

  • 2° En second lieu les études de l’institut national du cancer conduisent à recommander à la population l’abstinence en raison du risque d’une augmentation de l’incidence du cancer chez les consommateurs d’alcool, mais ne prennent pas en compte les bénéfices d’une consommation modérée sur la mortalité globale et notamment sur les mortalités cardiaques ou vasculaires qui chez les femmes constituent encore la première cause de mortalité et dont on sait avec une quasi certitude que la consommation d’alcool diminue de 30 % à 40 % la fréquence.

Si la consommation d’alcool constitue un facteur de risque dans l’apparition de nombreux troubles : médicaux, familiaux, professionnels et sociaux, c’est habituellement pour des consommations soit aigues soit chroniques qui dépassent de beaucoup les consommations définies au plan international comme modérées : pas plus de 15 verres par semaine et moins de 5 verres dans une journée chez l’homme, 4 chez la femme. (Ces chiffres ne concernent pas les risques accidentels dont la prévention peut impliquer l’abstinence)

3°* En troisième lieu les études portant sur la fréquence des cancers chez les consommateurs d’alcool ne prennent pas toujours en compte les alcools consommés, les modes de consommation, l’alimentation de ces consommateurs, or ces facteurs ont probablement une très grande importance dans la relation alcool et cancers comme la suite de cet article essaiera de le montrer

3° Les effets des diverses boissons alcoolisées et des modes de consommation sur la mortlité sont ils comparables ? La réponse est : Non.



1° Il est probable que les boissons alcoolisées ont des effets communs liés à l’alcool et des effets spécifiques liés aux substances (les congénères) associées à l’alcool qui varient d’une boisson à l’autre.



2° Les modes de consommation ont une influence sur les effets de l’alcool. Boire régulièrement chaque jour, aux repas une quantité modérée d’alcool ou par intermittence mais de manière abusive sont des comportements dont les bénéfices et les risques pour la santé différent.

  • Dans une population consommant régulièrement mais modérément des boissons alcoolisées les effets des diverses boissons peuvent être semblables.

Par exemple l’augmentation de l’incidence des cancers du sein sous l’influence de l’alcool n’est pas liée à un effet spécifique d’une boisson alcoolisée car la fréquence de ce cancer augmente quelque soit la boisson alcoolique consommée. [27] [28] Autre exemple : dans une étude ancienne, aujourd’hui controversée, la réduction de la mortalité cardio vasculaire était sensiblement identique chez les consommateurs de vin de bière ou de spiritueux. [29]

  • Inversement les effets favorables d’une consommation modérée d’alcool observés sur la prévalence (le nombre de sujets atteints d’une maladie dans une population) du syndrome métabolique (souvent défini par l’association d’une résistance à l’insuline, d’une hypercholestérolémie d’un excès de poids, d’un taux élevé de triglycérides, d’une hypertension artérielle) sont plus marqués chez les consommateurs modérés de vin. [30] [31]

Une consommation modéré de spiritueux n’entraîne pas une diminution de l’incidence de ce syndrôme métabolique. [32]



Une étude a même montré que l’incidence de la plus fréquente des maladies du foie : la stéatose (foie gras) non alcoolique, qui atteint plusieurs millions de français et peut chez 5% d’entre eux conduire au développement d’une cirrhose, pouvait être réduite de 50% par une consommation modérée de vin rouge , mais ne l’était pas sous l’effet des autres boissons alcooliques (Cette affection est souvent découverte lors d’un dosage des transaminases chez des sujets dont le foie est augmenté de volume et qui sont atteints de troubles métaboliques : excès de poids, adiposité abdominale hypercholestérolémie). [33]

Le vin est probablement plus efficace que la bière ou les spiritueux pour diminuer la mortalité coronarienne (moins 39%) la mortalité cardio vasculaire totale (moins 32%) la mortalité pour toutes causes (27%).
Une faible consommation de vin augmenterait l’espérance de vie de 5 ans. [34]

Si globalement la consommation d’alcool, même à une dose modérée, pourrait accroître le risque de certains cancers, la consommation d’alcool sous forme de vin rouge semble réduire ce risque. [35]



En France, un travail de l’INSERM et des centres d’examen de santé de la CNAM a constaté en 1999 que le consommation modérée de vin diminuait la mortalité (toutes causes et par cancer) des hommes dans la population de l’Est du pays. [36] Plus récemment les conclusions d’un travail , en partie financé par les producteurs de boissons alcoolisées, allaient dans le même sens : une augmentation de la mortalité par cancer chez les consommateurs d’alcool mais une diminution significative de la mortalité par cancer chez les consommateurs préférant le vin (cette diminution étant significative pour les cancers du larynx, de la cavité buccale du pharynx du poumon mais ne l’étant paspour les autres cancers)[37] Notons au passage que si la consommation d’alcool en France par habitant est encore très élevée (12.7 litres d’alcool par habitant âgé de 15 ans et plus, par an) plus de la moitié de cette consommation : 59% est constituée par le vin. La consommation de bière et de spiritueux reste modérée car la France ne fait pas partie des 20 pays forts consommateurs de bière ou de spiritueux, alors qu’elle est après le Luxembourg la plus grande consommatrice de vin par habitant. [38] Cette particularité française peut en partie au moins expliquer la faible fréquence de la pathologie coronarienne en France (French paradox)

Les modes de consommation ont également une influence sur les effets de l’alcool.

C’est évident pour la pathologie accidentelle qui est liée à une consommation excessive chronique ou temporaire. Mais c’est aussi probablement vrai également pour les pathologies médicales. Une quantité équivalente d’alcool absorbée chaque semaine soit quotidiennement soit durant le week-end a des effets différents sur la pathologie cardio vasculaire dont le risque diminue davantage chez ceux dont la consommation est quotidienne [39]

Conclusion : La comparaison des effets des diverses boissons alcooliques sur la mortalité permet de penser que la consommation modérée de vin ajoute aux effets de l’alcool un effet bénéfique sur les trois types de mortalité étudiées : la mortalité globale, la mortalité par cancer et la mortalité toutes causes. Dans l’état actuel de nos connaissances, pour vivre plus longtemps boire régulièrement un peu de vin aux repas semble une pratique recommandable. La plupart de ces études ont essayé de corriger les biais, difficilement évitables dans les études d’observation, du suivi des cohortes, durant quelques années. Par exemple ceux liés à la consommation ou non de tabac et à l’indice de masse corporelle . Mais,c'est exceptionnellement qu'elles ont pris en compte les habitudes alimentaires dont l’influence sur la mortalité est considérable comme nous le verrons dans la réponse à la question cinq.

4° Quels sont les autres effets des boissons alcoolisées sur la santé ?

Les effets de l’alcool sur la santé sont difficiles à analyser car les effets favorables et défavorables varient avec le volume des boissons, leur composition et les modes de consommation. Les risques sociaux, accidentels, familiaux, d’une consommation excessive sont largement connus, décrits depuis des décennies et justifient les programmes de prévention et de lutte contre les abus de l’alcool.

La part attribuable à l’alcool dans les décès par cancer chez les non fumeurs est de 6.7% pour les hommes et de 3% pour les femmes soit en France en 2005 : 5795 hommes et 1778 femmes donc un total de 7753 décès sur un total de 136000 décès par cancer [40]

La moitié des décès liés chaque année à l’alcool, en France, soit 35 à 37000, sont en relation avec une cause aigue. Ces décès concernent particulièrement les jeunes de15 à 29 ans pour lesquels l’alcool représente 26.2 % des causes de mort chez les garçons et 10.8% chez les filles [41] Plus de 30% sont en rapport avec une pathologie accidentelle involontaire et 15 % avec une activité criminelle, une violence volontaire. (Notamment dans les domaines professionnel familial conjugal et social) ou une tentative de suicide. Ces risques concernent les hommes plus que les femmes. Les risques médicaux concernent : certains accidents cardiaques ou vasculaires : hypertension artérielle, cardiomyopathie, accident vasculaire cérébral hémorragique ; la pathologie du foie : hépatites, stéatose, cirrhose ; les pancréatites chroniques ; des maladie neurologiques chroniques. Enfin 20% des décès liés à l’alcool concernent les cancers. Ces données concernent les consommateurs d’alcool dans leur ensemble quelque soit le volume, la boisson consommée et le mode de consommation quotidien ou intermittent aigue ou chronique.

Les effets médicaux bénéfiques de la consommation modérée d’alcool.

Outre les effets cardiaques et vasculaires, dautres effets favorables ont été observés. Une diminution du risque de diabète de 8% et de lithiase biliaire de 20% [42] Une augmentation de la densité osseuse de 5 à 8% chez les hommes âgés en moyenne de 61 ans et les femmes après la ménopause Ces résultats sont plus marqués chez les consommateurs de bière ou de vin que chez les buveurs de spritueux. Mais on ne sait si cette amélioration radiologique a un impact clinique [43]

Dans une étude récente, réalisée chez des hommes et des femmes de plus de 50 ans, en bonne santé, la consommation modérée d’alcool réduisait 5 ans plus tard de 25% la survenue d’un handicap physique affectant les activités de la vie courante (marcher, faire les courses et les travaux ménagers, faire sa toilette etc.) Cet effet n’a pas été observée dans une population dont l’état de santé au début de l’ étude était déficient. [44]

Si la consommation excessive d’alcool est associée avec des atteintes neurologiques et des troubles démentiels, une consommation modérée pourrait être associée à un ralentissement du déclin cognitif et à un meilleur fonctionnement cognitif chez les femmes âgées. Une étude récente conduite dans une population âgée de 70 à 82 ans a retrouvé après un suivi de3.2 ans des résultats significatifs concernant l’amélioration des capacités cognitives des femmes consommant modérément de l’alcool. Chez les hommes la tendance allait dans le même sens mais n’était pas significative.[45] [46]

De nombreuses études suggèrent que la consommation modérée d’alcool exercerait une neuro protection qui limiterait les risques de démence et de maladie d’Alzheimer. [47] Associée à un régime méditerranéen une consommation modérée d’alcool réduirait le risque d’une maladie de Parkinson [48]

Une consommation modérée d’alcool non seulement réduit la fréquence et la gravité de diverses pathologies mais améliore l’humeur et la qualité de vie des hommes et des femmes notamment âgés [49]

5° L’analyse des effets de l'alcool sur l'organisme sans prendre en compte les modes de vie les habitudes alimentaires les facteurs socio économiques et culturels des consommateurs permet elle des conclusions sur les risques pour la santé d’une consommation modérée d’alcool ? La réponse attestée par de multiples études est clairement NON.

Les études qui étudient les relations entre la mortalité et les facteurs de risque liés aux styles de vie incluent, hbituellement,la consommation modérée d’alcool Plusieurs publications récentes permettent d’affirmer que la diète méditerranéenne (huile d’olive, légumes verts, fruits, noix, poisson céréales non raffinés, peu de viande rouge et de laitages) qui inclut toujours une consommation modérée d’alcool ajoute des années à l’espérance de vie.
La diminution de la mortalité globale atteint 20%.
Elle concerne les maladies cardio vasculaires, les cancers et les autres causes médicales. [50]
Elle est hautement significative chez les sujets qui suivent très régulièrement cette alimentation. [51] [52]

D’autres travaux ont démontré que les sujets d’âge moyen ou élevé dont les styles de vie respectaient quatre facteurs : une alimentation de type méditerranéen, une activité physique régulière (marche, footing, bicyclette, natation), une absence de tabagisme et une consommation modérée d’alcool, avaient des chances de vivre beaucoup plus longtemps en bonne santé que les sujets qui respectaient seulement 1 ou 2 ou 3 de ces facteurs. Ceux ne respectant aucun de ces facteurs avaient, après un suivi de 11ans, comparativement à ceux les respectaient, un risque de mortalité multiplié par 4 et un risque de mort identique à celui de sujets plus âgés de 14 ans. [53]

Au total une consommation modérée d’alcool réduit de 30% à 40% les risques de mort d’origine cardio vasculaire, et n’accroît pas de façon significative le risque de mort par cancer ou par une autre cause, lorsque cette consommation est associée à un mode vie saine. Soixante pour cent des décès observés après un suivi de 10 ans sont associés à une absence d’adhésion : à une alimentation équilibrée du type méditerranéen, au refus du tabac, à une consommation modérée d’alcool, à une activité physique.[54] Une étude portant chez 77782 femmes suivies durant 24 ans a confirmé ces résultats.[55]

Pour prévenir diverses affections notamment cardiaques et vasculaires mais également cancéreuses et se donner les chances de vivre heureux et longtemps en bonne santé physique et morale, une alimentation méditerranéenne, une activité physique régulière, un peu d’alcool, une vie sociale enrichie par de nombreux contacts et diverses activités et bien évidemment pas de tabac, sont des moyens dont l’efficacité est indiscutable, probablement supérieure à celle de nombreux médicaments et certainement moins à risque. Malheureusement les conditions de vie d'une grande partie de la population française et plus encore mondiale ne permettent qu'à des privilégiés d' accéder à ces modes de vie. Les déterminants socio économiques des modes de vie, y compris de l'alcoolisation excessive, sont insuffisamment pris en compte dans les politiques de santé publique alors quils expliquent la plus grnde partie des inégalités de santé. [56]

6° Les médecins doivent ils interdire la consommation modérée d’alcool pour suivre les recommandations des épidémiologistes et des cancérologues. Non pour deux raisons

Si l’on analyse globalement les bénéfices et les risques d’une consommation modérée d’alcool, conseiller l’abstinence à l’ensemble de la population française n’est pas justifié par des données scientifiques.Jeter un interdit sur la consommation modérée d’alcool est une attitude autoritaire et paternaliste qui ne respecte pas les données cliniques et épidémiologiques, qui va à l’encontre d’une médecine fondée sur des preuves et qui est incompatible avec le respect de l’autonomie de personnes qui demandent une information.

Aujourd’hui même l’obligation faite aux femmes de ne pas consommer une goutte d’alcool si elles souhaitent débuter une grossesse est contestée, car les risques d’une consommation de quelques grammes d’alcool par semaine ne sont pas démontrés (ce qui n’exclut pas leur possibilité). [57] [58] [59]

  • Un jugement médical doit toujours reposer sur des preuves scientifiques.

Lorsque les médecins sont dans l’ignorance des effets d’une décision leur rôle est d’informer et non d’interdire. La décision appartient au sujet qui interroge un professionnel des soins pour disposer d’une information et non d’une opinion ou d’un avis péremptoire non motivé par des connaissances scientifiques.

  • L’avis médical doit donc être fondé sur des preuves mais également sur les caractéristiques de la personne sur son état de santé, sur ses besoins.

Un avis favorable à l’abstinence de préférence à une consommation modérée peut dans quelques cas être justifié. Par exemple : une grossesse, une maladie d’origine alcoolique, une dépendance à l’alcool, une activité professionnelle incluant des risques accidentels.

Aux sujets qui sont abstinents des informations concernant les effets d’une consommation modérée doivent également être données à eux ensuite de choisir entre les bénéfices et les risques. Les bénéfices sont connus les risques sont, en raison d’une plus grande tolérance à l’alcool, ceux d’une augmentation de la consommation qui serait responsable d’ intoxications aigues ou chronique et d’une dépendance. [60]

Mais ces bénéfices et ces risques sont irrégulièrement répartis dans la population. Par exemple : chez un adolescent qui ne consomme pas d’alcool les bénéfices d’une consommation modérée sont réduits et les risques d’un entraînement vers une consommation élevée (chronique ou aigue) sont réels. La problématique est différente chez un homme ou une femme d’âge moyen ou élevé dont les risques cardio vasculaires sont élevés, en raison de l’âge associé ou non à d’autres facteurs. Dans ce cas, les bénéfices d’une consommation modérée d’alcool qui réduira les risques d’une pathologie cardiaque ou cérébrale sont très probablement supérieurs aux risques du développement d’une intoxication aigue ou chronique.

La consommation d’alcool a diminué de moitié en France depuis 40 ans. Une réduction de la mortalité due aux pathologies médicales d’origine alcoolique et aux accidents,conséquences d’une intoxication aigue, a été observée. Ces améliorations ont été la conséquence de programmes éducatifs et de décisions législatives. Néanmoins la France est encore un pays ou l’alcool est consommé de manière abusive par des millions d’habitants conduisant à un taux excessif de maladies et de décès. Il appartient aux pouvoirs publics de mettre en œuvre les mesures éducatives et réglementaires qui permettraient de réduire le risque alcool. Dans ce domaine beaucoup de décisions sont en attente. Le contrôle de la consommation d’alcool est en France très insuffisant plaçant ce pays au 25° rang parmi 30 nations occidentales. [61]

Notes

[1] Allen N E and al. Moderate alcohol intake and cancer incidence in women. J Natl Cancer Inst 2009 ; 101 :296-305.

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[7] Les travaux de la Caisse Nationale d'Assurance Maladie ont montré que la réduction de la prescription des traitements hormonaux substitutifs a conduit, pour la première fois depuis 20 ans, à une diminution de l’incidence de ces cancers, qui atteignait 8% entre 2004 et 2006, alors qu’entre 2000 et 2006 le nombre des dépistage avait augmenté de 335%, ce qui aurait dû accroître l’incidence de ce cancer. Allemand H and al. Baisse de l’incidence des cancers du sein en 2005 et 2006 en France : un phénomène paradoxal. Bull Cancer 2008 ; 95 :11-5. Cette analyse est conforme aux données enregistrées en Australie, aux Etats-Unis,et au Royaume-Uni. Roberts H. Reduced use of hormones and the drop in breast cancer. BMJ 2009 ; 338 : b2116

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