Le rapport très documenté de Dominique Laurent (1) affirme la nécessité de maintenir le secteur privé dans les CHU, comme dans les autres hôpitaux, pour trois raisons : attirer à l’hôpital une clientèle naturellement portée vers le secteur privé ; éviter que les médecins compétents partent dans le secteur privé ; permettre hospitalo- universitaires d’acquérir une retraite complémentaire.


Ces trois arguments avaient motivé la création de ce secteur mais ils sont aujourd’hui réfutables :

  • La qualité des locaux et des soins dans le secteur public est équivalente à celle du secteur libéral . Nous ne sommes plus en 1958. Les riches industriels, les banquiers les cadres supérieurs ne craignent plus comme autrefois de venir à l’hôpital. Cinquante plus tard les hôpitaux ont été rénovés. Il est possible d’accueillir dans les mêmes conditions de disponibilité et de confort les malades dans le secteur public à l’hôpital que dans une clinique privée. Aujourd’hui d’ailleurs les privilégiés de notre société acceptent sans difficulté une hospitalisation dans le secteur public. Qui plus est il est inadmissible que les conditions d’accueil en consultation soient différentes à l’hôpital dans les secteurs public et privé.

  • Quant aux universitaires, en fin de carrière, qui pour des raisons financières veulent quitter l’hôpital où leurs rémunérations mensuelles dépassent 10 000 € en espérant doubler leurs revenus, peu importe leur départ. Contrairement à l’opinion générale et notamment celle des responsables politiques, administratifs et des cadres supérieurs, les jeunes praticiens hospitaliers sont au moins aussi compétents que leurs chefs de service. Ce qui fait la qualité d’un service hospitalier c’est la compétence de toute une équipe et non celle d’un seul et c’est la qualité de l’organisation des soins.

  • Reste le problème de la retraite car les hospitalo universitaires n’ont pas de retraite hospitalière, rien ne les empêche d’en constituer une s’ils estiment que leur retraite universitaire prise à 68-69 ans est insuffisante.

Au total, la seule justification des médecins hospitalo universitaires pour le maintien d’une activité privée à l’hôpital public est : la cupidité.

1 Dominique Laurent Conseillère d’Etat. « L’activité libérale dans les établissements publics de santé » 31 Mars 2013