Ces indicateurs ont été utilisés à partir des années 90, dans les rapports successifs "La santé en France" du Haut Comité de Santé Publique.



Ces concepts définis par l’OMS sont du domaine de la santé publique.
Ils ne concernent pas les décès individuels liés à des erreurs médicales ou à des évènements indésirables graves survenus lors de la délivrance des soins, mais les décès qui en raison des possibilités de prévention et de traitement pourraient être évités dans la population.

La mortalité "prématurée" a été définie comme l'ensemble des décès survenus avant 65 ans.

La mortalité "évitable" a été définie à partir d'une répartition des trois composantes de la mortalité "prématurée" :

  • les décès de moins de 65 évitables par la prévention primaire des comportements à risque;
  • les décès de moins de 65 évitables par le système de soins (définie par l’OMS sous le terme de « Amenable mortality »);
  • les autres causes de décès.


L'importance de la prise en compte de ces indicateurs pour le suivi des politiques de santé publique a été soulignée en comparant la situation de la France à celle d'autres pays voisins.



La France se caractérise par des taux de décès "prématurés" élevès (3°rang sur 16 nations européennes pour les hommes 7° pour les femmes) alors que les taux de mortalité pour les personnes âgées de plus de 65 ans est pour les hommes faible (14°rang) et le plus faible pour les femmes (16°) rang).



En ce qui concerne la mortalité "évitable" : les indicateurs liés aux comportements à risque : tabagisme, alcoolisation excessive sédentarité, déséquilibres alimentaires. (définie par l’OMS sous le terme « Preventable mortality ») sont défavorables en France (1°des 16 nations étudiées pour les hommes, 7°pour les femmes) alors que l'on observe une situation inverse pour les indicateurs liés au système de soins.



Cependant, l'hypothèse de relations significatives entre les indicateurs de mortalité évitable et les progrès du système de soins n’a pas été validée.



Les écarts de mortalité entre pays dont les niveaux de vie sont élevès résultent davantage de variations dans l'incidence des maladies et de leurs facteurs de risque (notamment sociaux, économiques, culturels) que des performances des systèmes de soins.
La mortalité peut être élevée parce que la prévalence des maladies est élevée alors que le système de soins est efficace